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Entretien du potager

Selon la superficie consacrée au potager, le type de légumes et les méthodes de culture employées, l’entretien demande plus ou moins de temps. Il faut donc s’assurer que l’on peut consacrer une partie de son temps ou de ses loisirs à cet entretien avant de s’engager dans la création d’un jardin potager. Puis se demander quel objectif est prioritaire : un potager d’aromates demande par exemple peu d’entretien, alors qu’un potager destiné à nourrir la famille sera une occupation à part entière. Entre les deux, tous les choix sont possibles, du petit potager en carré surélevé pour avoir quelques tomates-cerises au potager en permaculture.

L’entretien du jardin potager au fil du temps

L’entretien du potager hier

Pendant les 60 dernières années, la plupart des jardiniers considéraient que plus ils travaillaient le sol, plus cela le rendait fertile. L’ameublissement qui en résultait permettait de semer ou planter plus facilement. Le sol devait aussi rester nu entre les cultures bien organisées en rangs et être régulièrement biné pour éviter la pousse des adventices. Des engrais étaient ajoutés au fil des mois, pour renforcer cette fertilité, car le sol finissait par s’épuiser.
Cette conception de la culture nourricière prenait un temps considérable en bêchage, désherbage et apports d’engrais, en plus des autres tâches directement liées aux semis, plantations et récoltes.

L’entretien du potager aujourd’hui

Il est prouvé aujourd’hui que le non-travail du sol est au contraire un atout pour sa fertilité, grâce aux micro-organismes présents dans les différentes couches superficielles. En effet, ces couches de sol abritent des organismes vivants profitables aux cultures, aérobies ou anaérobies (qui vivent à l’abri de l’air) selon la profondeur à laquelle ils se trouvent. 
Les couches les plus proches de la surface sont les plus fertiles, car elles renferment un nombre considérable de ces organismes, bactéries, micro et macrofaune du sol. 
Quand on bêche sur 30 cm de profondeur, on place une couche stérile ou peu fertile au-dessus de cette terre fertile de surface. Cela déséquilibre la flore microbienne et tue une grande partie de la vie du sol. Il vaut donc mieux ne pas bêcher pour préserver la vie du sol. La régénération de ce dernier se fait grâce au compost, au paillage organique et aux engrais verts.
L’entretien du potager est, aujourd’hui, également limité par la couverture du sol (paillis, engrais verts) qui évite le binage et le désherbage systématiques. Enfin, les systèmes d’arrosage automatique dégagent le temps autrefois consacré à l’apport d’eau.  

Comment bien entretenir son potager ?

Dans un potager écologique, en se calant sur les nouvelles méthodes culturales favorisant la biodiversité, la vie du sol et l’association des aides comme la faune auxiliaire, il est possible de réduire le temps passé au potager, car on laisse davantage la nature agir. Après avoir semé ou planté, les principales tâches à réaliser concernent surtout le tuteurage, le paillage, l’arrosage, les tailles ou pincements, les récoltes, le renouvellement des cultures, si besoin les traitements préventifs ou curatifs naturels, puis la protection hivernale et le nettoyage des outils et des structures.

  • Avant la mise en culture, l’ameublissement peut s’effectuer à l’aide d’une fourche écologique. Le sol est également beaucoup plus meuble quand on couvre sa surface avec des apports de compost ou une couche épaisse de paillis organique, au moins une fois par an en automne. 
  • Le tuteurage est indispensable pour les légumes poussant sur des lianes, comme le concombre, le melon ou pour faciliter la croissance et la récolte, comme avec les tomates, les aubergines et les cucurbitacées. Il se fait par exemple à l’aide de piquets non traités, de tiges de noisetier, de filins ou de cordes, de tuteurs métalliques en spirale. Mis en place au moment du semis ou du repiquage, il demande ensuite un suivi pour guider les tiges au fur et à mesure de leur croissance.
  • Le paillage organique composé de paille ou de toutes les matières récupérées au jardin (feuilles sèches, déchets de coupes broyés, tontes de gazon…) permet de couvrir le sol entre les cultures de façon à d’une part améliorer sa structure, à le régénérer sur le long terme et à empêcher les adventices de s’insinuer dans les cultures. On le renouvelle au cours de la saison, car le grand principe d’un potager écologique est de ne jamais avoir de sol nu. 
  • L’arrosage est nécessaire pour la levée des semis, la reprise des plants repiqués, la croissance de certains légumes-feuilles et la mise à fruits des légumes charnus (légumes-fruits) comme les tomates. Installer un arrosage goutte-à-goutte permet de moins passer de temps à arroser, qu’il soit déclenché manuellement ou relié à un programmateur. L’arrosage est de toute façon moins fréquent quand le sol est couvert d’un paillis qui le protège de l’assèchement dû à l’exposition directe des rayons du soleil et aux vents. Selon le type de sol et de cultures, la fréquence de l’arrosage sera différente.
  • Les pincements et diverses tailles à effectuer sur les plantes cultivées dépendent de la nature de ces dernières. Par exemple, une taille sur un buisson de thym conserve par exemple le buisson plus compact, sur un pied de tomates la taille supprime les gourmands et le pincement sur les fraisiers évite la production de trop de stolons. 
  • Les traitements préventifs à base de purins végétaux, et ceux de lutte biologique intégrée comme le lâcher de larves de coccinelles sont accessibles à la vente pour les jardins de particuliers. Ils permettent de renforcer les défenses immunitaires des plantes (purin d’ortie et purin de consoude par exemple) et de conserver un équilibre entre les ravageurs des cultures et leurs prédateurs. 
  • Les traitements curatifs biologiques autorisés sont également accessibles aux particuliers et sont à employer seulement en cas d’infestation sévère de parasites ou de maladie nuisant gravement à l’état des cultures. 
  • Les récoltes font partie de l’entretien, car des légumes non récoltés finissent par pourrir sur place, ce qui engendre des maladies dues à des champignons pathogènes. Ces récoltes doivent donc être régulières pour chaque type de légumes, à chaque saison. Quand on ne peut récolter soi-même, il vaut mieux confier de travail à quelqu’un qui pourra venir s’en occuper (voisins, amis, famille) plutôt que de laisser pourrir les légumes sur place. 
  • Le renouvellement des cultures demande un certain travail d’entretien, par exemple pour laisser le sol des parcelles se régénérer avec un semis d’engrais vert qui, quelques mois plus tard, sera coupé puis incorporé en surface. L’apport de compost régénère aussi les sols. 
  • La protection des légumes d’hiver demande du temps en fin d’automne, pour les couvrir de tunnels ou de voile d’hivernage, butter les pieds ou renforcer le paillage pour pouvoir mieux les récolter (poireaux…).
  • Le nettoyage des châssis, des serres, de l’outillage et des divers ustensiles de jardinage est enfin un travail nécessaire en fin de saison de culture, en hiver, bien que certains légumes continuent à être cultivés à la saison froide comme les légumes vivaces (chicorée, mâche, poireau perpétuel, ail rocambole…) ou restent en terre pour une meilleure conservation (panais…). 

Tous ces travaux peuvent se consigner dans un cahier afin de ne rien oublier quand on débute, puis au fil des saisons, l’habitude se prend vite. Toutefois, ne voyez pas trop grand au départ, pour ne pas être débordé par les récoltes à la belle saison. 
Demandez conseil à une entreprise du paysage pour établir votre plan de potager. Elle pourra aussi en installer les structures si vous souhaitez un potager en carrés ou si vous voulez une serre pour préparer vos semis.