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Le treillage

Un peu d’histoire

Invention française datant du XIVème siècle, le treillage était en premier destiné à la conduite des arbustes palissés et de la vigne. Cette technique élaborée par les jardiniers devint très en vogue dans les aménagements de jardin, en tant que décor à partir du XVIème siècle. Puis elle fut élevée au rang de technique artistique définie par des normes rigoureuses, détaillées, par exemple, dans l’ouvrage de Jacques-André Roubo, maître menuisier (1679-1782) « L’art du menuisier, suivi de l’art du layetier » paru en 1775.

Ainsi, dans la création de jardin au XVIIème siècle puis jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, l’ornement en treillages fut récurrent. Tous les grands jardins de château s’ornaient ainsi de décors muraux, mais également de kiosques, pergolas, portiques, berceaux, palissades et fabriques diverses, réalisés en treillages. Entièrement dévolu au savoir-faire des jardiniers, l’art du treillage devint la spécialité des « treillageurs », et peu à peu un métier à part entière.

Avec l’avènement de la période romantique, cette vogue passa, mais fut reprise à la fin du XIXème siècle, dans les jardins privés, les squares et dans la décoration des villes. Puis à nouveau, l’art du treillage connut un déclin jusqu’à la restauration, à notre époque, des grands décors en treillages des jardins de Versailles.

Aujourd’hui, le treillage conserve une place d’honneur dans les jardins à la française, les potagers historiques. Il revient aussi dans les jardins urbains de style classique où une belle ordonnance des parterres se marie avec les treillages muraux qui masquent les murs aveugles des immeubles voisins. On trouve également une forme contemporaine de treillages, en panneaux métalliques (aluminium, corten, acier…) découpés au laser, pour offrir un style plus en accord avec les jardins contemporains et jardins anglais.

treillage - © Philippe Alès

Qu’est-ce que le treillage ?

Le treillage traditionnel est un assemblage de fines lattes de bois formant un maillage plan et régulier servant à réaliser des panneaux carrés, rectangulaires ou sur d’autres motifs géométriques. On peut jouer avec différentes formes et grandeurs de panneaux, de la frise qui court autour d’un bâtiment au décor qui couvre l’ensemble d’un mur.
Ces panneaux sont utilisés seuls ou assemblés, pour guider des plantes grimpantes, composer un décor mural qui peut, par exemple, créer un trompe-l’œil, former un brise-vue ou encore habiller une architecture de jardin comme une pergola.
Dans beaucoup de jardins actuels, les treillages sont utilisés en tant que panneaux brise-vue, et claustras indépendants que l’on garnit de plantes grimpantes.

Les formes de treillage

Les mailles sont l’élément constitutif des panneaux de treillage traditionnel. Elles sont de quatre catégories :
1. carrées
2. rectangulaires
3. carrées couchées
4. en losange
Les mailles en losanges paraissent toujours plus serrées que les mailles carrées même si elles ont une dimension similaire.

La dimension des mailles peut aller d’1 cm à 20 cm. Cette distance entre deux lattes permet de plus ou moins occulter ou laisser passer le regard, dans le cas d’une utilisation en brise-vue, et de réaliser des motifs complexes.
La largeur des lattes de bois est de 20 ou 25 mm, dans la plupart des cas. Les lattes constituant le cadre des panneaux peuvent être plus larges de façon à masquer les éléments de structure sur lesquels ces derniers sont fixés.
L’épaisseur des lattes varie ente 5 mm, 7 mm, 10 mm ou 50 mm selon la fonction du treillage et le motif réalisé. Pour des trompe-l’œil, les épaisseurs varient entre 10 et 50 mm pour donner une impression de perspective.

Le panneau de treillage décoratif se fixe au mur en plusieurs points, régulièrement sur toute sa surface. Le panneau de treillage utilisé en claustra est monté sur un cadre plus épais permettant de le fixer uniquement à partir de cet encadrement.

treillage - © Coyau

Les matériaux du treillage

Le treillage traditionnel en bois

Les panneaux de treillage sont livrés, dans le commerce ou par les treillageurs professionnels pour l’aménagement de jardin, de deux façons : en bois brut ou en bois peint.

  • Dans le cas d’un bois brut, celui-ci est le plus souvent d’une essence résistante aux intempéries et aux insectes. Le châtaignier a été la toute première essence à être utilisée pour les treillages, car il est riche en tanin et se patine au fil des ans en prenant une teinte grise.
  • Pour les autres bois comme le pin maritime (qui est moins onéreux), un traitement en autoclave classe IV donne une bonne résistance aux insectes et à la pourriture.

La peinture apporte une protection ainsi qu’une note décorative supplémentaire. Traditionnellement, celle-ci était de couleur verte, grise ou gris-bleuté. Aujourd’hui, d’autres teintes sont employées afin de diversifier les styles et les possibilités de décoration.

La durée de vie d’un treillage en bois dépend avant tout de son emplacement, donc de son exposition aux intempéries. Un treillage ne doit pas, par exemple, être en contact direct avec la terre. Quand on s’en sert de brise-vue, il faut le poser sur une base qui ne craint pas l’humidité. Les plantes grimpantes peuvent réduire la longévité d’un treillage, quand les tiges passent au travers et font éclater les lattes en grossissant.

La longévité varie enfin avec l’entretien qui a été réalisé sur le treillage : certains treillages entretenus régulièrement perdurent entre 50 et 100 ans, parfois davantage. Selon la nature du bois et sa qualité, il faut les repeindre tous les 3 à 15 ans, remplacer les lattes cassées ou pourries, et veiller à ce que les tiges des plantes grimpantes restent au-dessus de la structure, sans passer à travers.

La restauration de treillages anciens se fait plus facilement quand les lattes sont cassées que lorsqu’elles sont pourries, car il faut alors établir un diagnostic général de l’état du treillage attaqué.

treillage

Le treillage contemporain

Les treillages métalliques durent plus longtemps, mais ils sont beaucoup plus utilisés en claustras et palissades qu’en décor mural. Ils résistent également mieux au poids des plantes grimpantes. Ces treillages contemporains sont fabriqués en acier galvanisé, acier brut, corten, aluminium recouvert de peinture acrylique ou autres techniques utilisées pour la protection du métal en extérieur.

Leur style s’est énormément libéré du cadre strict des formes et dimensions des treillages en bois. Les mailles sont souvent irrégulières, elles se positionnent davantage en tant qu’éléments constitutifs du décor. Les largeurs peuvent varier sur un même panneau, et il est de plus en plus courant d’appeler « treillage » des panneaux décoratifs en métal découpé selon des formes stylisées diverses, végétales, animales, géométriques ou créant des illusions d’optique. Certains artisans créent même des treillages métalliques avec des lattes rondes.

Cette diversité élargit les possibilités d’utilisation de cet art du treillage sans les jardins contemporains et jardins urbains. Quand ils sont de petites dimensions,  ces panneaux se fixent sur les murs ou se placent au jardin à l’aide de piquets enfoncés dans le sol. De grandes dimensions, ils demandent une fixation plus solide, par exemple entre les poteaux sur plots en béton. Demandez conseil à un paysagiste si vous souhaitez orner votre jardin avec d’importantes structures en treillage.