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Génie végétal et génie écologique

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Les entreprises du secteur du paysage ont un réel savoir-faire en matière de génie écologique et de génie végétal. Ces travaux d’aménagement et d’entretien permettent de restaurer les habitats naturels et d’y préserver ou d’y renforcer la biodiversité.

Qu’est-ce que le génie écologique ?

D’après la commission de terminologie du ministère de l’Écologie, le génie écologique est défini comme « les activités d’études et de suivi, de maîtrise d’œuvre et de travaux favorisant la résilience des écosystèmes et s’appuyant sur les principes de l’ingénierie écologique ».

En d’autres termes, les travaux de génie écologique ont pour finalité la restauration ou la préservation de la biodiversité dans des habitats naturels.

Les entreprises peuvent intervenir sur des milieux très différents : zones humides (mares, marais), cours d’eau, milieux ouverts (prairies, pelouses), milieux forestiers, littoral, montagne ou encore ancien sites industriels.

Ces travaux peuvent faire appel à des techniques variées : en particulier les techniques du génie végétal, mais également avec des techniques de terrassement, de reboisement, de gestion pastorale, de fauche.

Les professionnels du paysage ont une très bonne connaissance du végétal et de son interaction avec le milieu qui l’entoure. Cette expertise constitue un véritable atout pour la mise en œuvre de travaux sensibles tels que les travaux de génie écologique, qui nécessitent de choisir les meilleures techniques et les meilleurs outils pour réintroduire la biodiversité dans un milieu dégradé.

Qu’est-ce que le génie végétal ?

Restauration de mare forestière – crédit photo : M. De Matos

Le génie végétal, ou génie biologique, s’entend comme l’ensemble des techniques utilisant les végétaux et leurs propriétés mécaniques et/ou biologiques, pour :

  • le contrôle, la stabilisation et la gestion des sols ;
  • la restauration, la réhabilitation ou la renaturation de milieux dégradés en milieu aquatique ou terrestre, incluant une intégration paysagère des aménagements. Par exemple : la création de surfaces végétalisées dans des zones arides comme sur les talus routiers ou les versants de voies ferrées, de pistes de ski, de carrières, etc. ;
  • l’épuration ou la dépollution des sols et des eaux (phytoremédiation ou phytotechnologie).

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Végétalisation sur géofilet – Crédit photo : F. Cassotti / Confortement de berges de rivières – Crédit photo : M. De Matos

Des entreprises du secteur du paysage ont fait leur spécialité de ces techniques mettant en œuvre uniquement le végétal pour réhabiliter, fixer, dépolluer. Ces entreprises spécialisées interviennent également en dehors des frontières, en Afrique, en Amérique du Sud ou encore en Asie, où leur expertise est recherchée.

Ce sont en effet des techniques qui nécessitent de la part des professionnels une excellente connaissance des enjeux géologiques et écologiques, des végétaux, mais qui mettent aussi en œuvre des équipements lourds et spécifiques comme des hydrosemoirs ou des machines pour travailler en rivières. Fascinage à l’aide de fagots, de filets de fibres, brosses de végétaux, filets anticorrosifs, caissons végétalisés, murs de verdure, les techniques sont nombreuses et adaptées à chaque projet avec en point commun les végétaux et la préservation ou le développement de la biodiversité.

Végétalisation avec fascinage – crédit photo : F. Cassotti

 

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3 questions à un spécialiste en génie végétal

Quelles plantes utilise-t-on de préférence ?

Il n’y a pas de plantes à utiliser particulièrement, c’est justement tout l’intérêt de la méthode. Les démarches de génie végétal permettent avant tout de restituer un site à la nature : il n’y a pas de plante miracle pour réussir tous les aménagements; au contraire, chaque site est particulier. Prenons l’exemple d’un aménagement de berge de rivière. La végétation présente naturellement sur le site peut fournir de la « matière première », pieux, branchages et rameaux vivants qui, installés de façon adéquate, assurent la stabilité du sol. Il s’agit donc d’exploiter la « biodiversité ordinaire », c’est-à-dire les éléments fournis sur place par la nature. Leur présence sur le site est une preuve de leur adaptation au milieu, ce qui contribue à perturber le moins possible l’écosystème. Bien sûr, toutes les espèces ne sont pas adaptées à ces pratiques, et les équipes qui travaillent sur ces sites doivent avoir une bonne connaissance du végétal et de ses propriétés.

Que faut-il savoir pour réussir un tel aménagement ?

Outre une bonne connaissance de la flore locale et des contraintes hydrauliques et pédologiques, le dialogue entre les différents acteurs d’un projet est une clé de réussite. Reprenons le même exemple : l’aménagement d’une berge de rivière a pour objectif de la réhabiliter, pour la préserver, limiter les risques d’érosion, cela afin d’améliorer la qualité de l’eau et du milieu halieutique. Les associations de pêche sont souvent partie prenante de ces projets : soucieux de préserver leurs coins favoris, leurs membres ont aussi une bonne connaissance de la faune et de son équilibre. Elles sont de précieux partenaires avec lesquels le projet est construit, en accompagnant ou en réalisant elle-même la maîtrise d’œuvre. Sous couvert de la police de l’eau, elles donnent des contraintes en termes de fréquence et de période d’intervention, d’accès au sein du lit mineur afin de préserver l’écosystème. Elles nous renseignent sur les espèces animales présentes, ce qui peut orienter la façon de réaliser un aménagement : ménager des zones spécialement conçues pour ralentir le courant par exemple, qui vont abriter une faune spécifique en créant notamment des zones de frayères.

Outre la reprise de la végétation, quels paramètres vous indiquent que le site est réhabilité ?

Plusieurs paramètres nous renseignent : la colonisation par des espèces animales qu’on ne trouvait plus dans la zone concernée par les travaux, la qualité de l’eau, filtrée, voire épurée, et en équilibre au contact de berges naturelles. Quand le site est remis en état grâce au génie végétal, l’action de l’homme ne se voit pas. C’est parfois un peu frustrant pour les équipes ayant réalisé les travaux ! Mais c’est la garantie que l’aménagement est réussi.