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Un bassin à poissons

L’animation de la petite faune rend le bassin encore plus vivant. Dans un aménagement de jardin où l’eau prend place sous la forme d’un bassin de jardin, la tentation est grande d’aller jusqu’à peupler celui-ci de plusieurs poissons qui auront rapidement une relation privilégiée avec la personne qui vient les nourrir. 

Pour les enfants, cette animation peut également renforcer le contact avec la nature. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui « l’expérience de nature », nécessaire autant avec la flore que la faune pour rester en lien avec ce qui constitue notre planète.  

Où placer un bassin à poissons ?

Le bassin à poissons s’installe dans la partie du jardin la plus calme, et là où il pourra à la fois recevoir assez de soleil et rester protégé des grosses chaleurs grâce à un ombrage sur une partie de sa superficie.   

Un bassin en plein soleil sera trop exposé en été, en particulier dans les régions chaudes et continentales où les périodes caniculaires sont intenses. La proximité d’un gros arbuste donnant une ombre-portée sur une partie du bassin sera alors conseillée. 

A l’inverse, un bassin restant la plupart du temps dans l’ombre n’est pas non plus une bonne solution, l’eau y sera plus froide en hiver et l’hivernage des poissons plus long. Les plantes aquatiques auront également de la difficulté à pousser.

Autre précaution à prendre, éviter la proximité des grands arbres feuillus qui perdent leurs feuilles par centaines en automne. Le travail de ramassage sera, en effet, fastidieux pour que les feuilles ne recouvrent pas la surface ni ne tombent au fond de l’eau. 

Enfin, un bassin à poissons attire les enfants. Mais il ne doit pas présenter de risques pour ces derniers. Dans les familles où de jeunes enfants jouent au jardin, il vaut mieux, le temps que ces derniers grandissent, entourer le bassin d’une barrière de sécurité ou faire poser au-dessus un grillage métallique supportant le poids d’un enfant

Quels poissons de bassin ?

L’eau d’un bassin à poisson d’extérieur reste à température ambiante, elle fluctue en fonction des saisons. Il n’est donc pas question d’accueillir des poissons tropicaux qui seront à l’aise en été mais auront froid le reste de l’année. Seuls les poissons d’eau froide peuvent vivre dans un bassin extérieur. Trois principales espèces sont proposées pour les bassins d’ornement de jardin, car elles acceptent de vivre en communauté sans demander un aménagement spécifique du bassin. 

Les poissons rouges

Ils sont les plus rustiques sous nos climats. Plusieurs variétés ont des teintes allant du blanc au jaune clair et à l’orange. La variété Comète montre de très longues nageoires. Leur nourriture se constitue d’algues, de végétaux poussant dans l’eau, et de petits animaux aquatiques. Ils fouissent aussi le fond du bassin pour trouver à manger. Leur principal inconvénient dans un bassin est leur reproduction très rapide mais ils sont souvent la proie des hérons car ils nagent lentement. Dans de bonnes conditions, ils vivent 30 à 40 ans et peuvent atteindre 40 cm de long dans un grand bassin. Dans les petits bassins, ils restent de taille modeste.

Les carpes koï

Ils sont d’origine chinoise et japonaise. Elles offrent des couleurs vives très attractives, autant pour l’animation du bassin que pour les prédateurs comme les hérons. Ce n’est pas la seule cause de leur succès : elles mangent les algues du bassin, donc le nettoie très régulièrement, et s’apprivoisent facilement, toujours à la recherche de nourriture. Elles grandissent jusqu’à 80 cm de long et vivent environ 40 ans en cohabitant sans problème avec d’autres espèces de poissons.

L’ide mélanote

Il se rencontre à l’état sauvage dans les rivières. Poisson grégaire, il vit en bancs de plusieurs individus. Il se nourrit d’insectes, principalement en chassant à la surface de l’eau, mais aussi de larves de moustiques et insectes aquatiques, de petits crustacés et de débris végétaux. En grandissant, quand il ne trouve pas assez de nourriture, il peut aussi dévorer les poissons plus petits que lui. Sa taille maximale atteint 75 cm dans les grands bassins.

Les espèces comme le goujon (12 à 15 cm de long), le gardon rouge (20 à 30 cm), ou autres espèces vivant habituellement dans les rivières ont besoin d’une eau courante en permanence et de différentes profondeurs pour assurer leur cycle de reproduction. Ils vivent en bancs d’au moins 6 à 15 individus, donc dans de grands bassins munis d’un système de filtration très puissant. La tanche dorée, rustique et peu exigeante sur la qualité de l’eau est aussi proposée pour les grands bassins, mais elle hiberne dans la vase. Il faut donc prévoir environ 20 cm de terre au fond du bassin. 

Volume d’eau et nombre de poissons

Certaines précautions sont à prendre pour adopter des poissons. Ces êtres vivants ont en effet des besoins que l’on doit satisfaire, au niveau de l’environnement dans lequel on les accueille. Le volume d’eau et la profondeur du bassin jouent un rôle très important

Le volume d’eau conditionne le nombre de poissons qui peuvent vivre ensemble sans problèmes de cohabitation. 

La profondeur du bassin permet aux poissons de se mouvoir correctement et d’être protégés des grands écarts de température, en été et en hiver. En effet, les poissons doivent pouvoir se réfugier au fond où l’eau reste à une température à peu près constante, sans surchauffer en été, et sans geler en hiver. Un bassin de 80 cm de hauteur d’eau est le minimum pour accueillir des poissons.  

Ensuite, selon le type de poisson, la profondeur varie :

  • Pour les carpes koï, un volume d’1 m3 par individu est nécessaire, avec une profondeur minimum d’1 m.
  • Un poisson rouge vit dans 100 litres d’eau au minimum. Comme il préfère vivre en société, il faut 500 litres d’eau pour 4 à 5 individus, dans une profondeur de 80 cm minimum.
  • Carpes koï et poissons rouges vivent très bien ensemble, à condition de leur offrir au moins 2 m3 d’eau pour 2 carpes et 6 poissons rouges
  • Quand on souhaite des poissons de rivière, une profondeur de 20 cm par endroits doit être aménagée pour la reproduction.

L’entretien d’un bassin à poissons

Il faut d’une part penser à l’entretien du bassin en lui-même, et d’autre part apporter de la nourriture aux poissons de bassin chaque jour, surtout avec des carpes koï.

La nourriture

Le nombre de poissons influence la quantité de l’apport journalier. Si l’on préfère laisser les poissons se débrouiller seuls pour trouver leur nourriture dans le bassin, et ne pas donner de complément, le nombre de poissons doit être extrêmement réduit (1 à 2 carpes koï et 5 poissons rouges pour 5 m² de bassin). 

La fréquence à laquelle on nourrit les poissons varie également en fonction de la saison : ils mangent chaque jour quand la température est au-dessus de 10°C. Entre 5 et 10°C de température extérieure, la ration doit être moitié moins importante. En dessous de 5°C, les poissons ralentissent leur activité et entrent dans une sorte d’hibernation. Ils ne mangent plus.  

L’entretien saisonnier

A chaque saison, le bassin à poissons demande une intervention :

  • En été, le niveau d’eau est à compléter régulièrement pour pallier l’évaporation. 
  • En automne, la récupération des feuilles mortes est plus aisée si l’on tend un filet au-dessus du bassin. Si des végétaux aquatiques ont été plantés, il faut les tailler afin d’éviter que les tiges sèches ne pourrissent au fond de l’eau, ce qui crée de la vase puis une raréfaction de l’oxygène de l’eau (phénomène d’eutrophisation). Certaines plantes ont aussi besoin d’être sorties de l’eau pour hiverner hors gel (par exemple les lotus, les nénuphars tropicaux, la jacinthe d’eau). 
  • En hiver, dès que la température descend sous zéro degré, on arrête la pompe de filtration, les jets et jeux d’eau divers. Dans les régions où le gel n’est pas fréquent, il est possible de laisser les pompes en marche, le flux généré permettra à l’eau de ne pas geler entre zéro et -5°C. Ailleurs, pour éviter le gel de toute la surface des bassins maçonnés, il vaut mieux poser dessus une cloche antigel qui réduira la force de la poussée de l’eau gelée sur les parois. Un fagot de branchages peut jouer le même rôle.
  • Au printemps, la remise en marche du système de filtration et des jets d’eau ainsi que l’aspiration d’une partie de la vase du fond se fait quand les poissons sortent de l’hibernation

Pour cet entretien du bassin pour poissons, les entreprises du paysage ont toutes les compétences requises.  Avec un contrat à l’année, elles assureront les travaux saison par saison.