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Le GTM Végétalisation du bâti et paysagisme d’intérieur explore la région bordelaise !

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Les 5 et 6 mars dernier, le groupe technique de métier consacré à la végétalisation du bâti et au paysagisme d’intérieur s’est réuni à Bordeaux. Pascal Bodin, président du GTM, a accueilli ses collègues dans son agence In’Flor d’Eysines, dans l’ouest bordelais. Les discussions ont principalement porté sur les projets de l’année 2020, dont les principaux sont :

  • la restructuration de la formation (modification du CQP « Ouvrier qualifié en aménagement et entretien d’espaces végétalisés » avec spécialisation en paysagisme d’intérieur ; création d’un CS Végétalisation du bâti et paysagisme d’intérieur ; modification de la formation consacrée à la végétalisation des toitures) ;

  • le lancement d’une expérimentation sur l’éclairage des plantes naturelles en intérieur ;

  • la réalisation d’un guide d’intervention en environnement bâti.

Pour la troisième édition des GTM délocalisés, c’est à Bordeaux que les paysagistes se sont retrouvés. Une demi-journée de visites le jeudi après-midi était organisée dans le centre de la ville, alors qu’une autre demi-journée se déroulait à Mérignac le vendredi après-midi. Les membres du GTM ont été rejoints par d’autres adhérents Unep, de la région et d’ailleurs, ces visites étant ouvertes à tous.

Jeudi 5 mars, le groupe s’est donné rendez-vous à l’hôtel Mercure Château Chartrons. Un ensemble de plantes en bacs avait été installées dans la salle de réception pour remédier à l’austérité de cet espace. Les grands sujets, les séparations végétalisées et les meubles sont tous équipés de roulettes, afin de pouvoir réagencer l’espace selon les besoins.

Une courte marche séparait l’hôtel de la seconde destination : le parvis des chartrons. Des Phoenix canariensis agrémentent cette place commerçante dans de volumineux pots renforcés, ces plantes ayant réussi à fendre les anciens, plus petits, par la pousse de leurs racines. La proximité des commerces nécessite une gestion spéciale, comme un arrosage manuel tôt le matin (pour l’accès des véhicules).

Mais c’est sous les dalles du parvis que se révèle un lieu des plus intéressants : le centre de congrès Cité Mondiale. Seul un puits de lumière éclaire un hall sous-terrain permettant d’accéder à des salles de conférence. Une communication efficace entre paysagiste et service de gestion a permis de mettre en place une organisation garantissant la survie des plantes : les bacs sont à roulettes afin que les plantes soient facilement déplaçables pour décorer les espaces de conférence, et le personnel se charge de les ramener dans le puits de lumière en fin de session. Un parterre végétalisé sous l’escalator fait l’objet d’un éclairage par LED sur mesure, diffusant certaines couleurs spécifiques du spectre lumineux tout en consommant peu d’énergie. L’arrosage est réduit grâce à un mélange de 20 % de pouzzolane et de 80 % de terreau, retenant bien l’eau.

Le groupe s’est rendu ensuite dans l’espace de travail partagé Hemera. Le hall central, très lumineux, permet facilement l’installation de plantes naturelles variées. Les espèces choisies rappellent le style « art déco » pour s’accorder avec l’aspect industriel du lieu. Tous les bacs sont modulables afin de répondre aux besoins des usagers : diviser l’espace et aménager les zones de travail.

L’aménagement des terrasses a contraint le paysagiste à se montrer ingénieux et créatif, afin de répondre à la double contrainte d’une exploitation immédiate (en été) et de jardinières existantes. Des plantes résistantes et fleuries ont assuré un volume et une esthétique dès la plantation, et de petites graminées ont été plantées afin de pousser progressivement et transformer dans le temps cet aménagement en un ensemble viable.

Pour terminer la journée, un saut en tram a permis de rejoindre le nouveau quartier des bassins-à-flots. Là, un ensemble immobilier encore en chantier abrite une toiture végétalisée en N+1/N+2 au-dessus d’un parking, en cours d’aménagement. Le support de culture est vallonné, d’épaisseur variable oscillant entre 40 cm et 1,2 m. Un bureau d’étude conception a délivré les préconisations pour recréer un véritable écosystème de terre des landes, correspondant à la région. Les plantations sont ainsi réalisées dans un mélange de 50 % de sable et 50 % de compost en moyenne. Le cortège floristique se décline en lande aquitaine, lande à bouleaux, pins…

Le lendemain, le groupe s’est rendu plus à l’ouest, à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux. Un trajet en covoiturage l’a amené chez Moter, entreprise régionale de travaux routiers filiale d’Eurovia. Les espaces de travail aménagés font la part belle à des matériaux naturels comme un mobilier en bois, des tableaux de lichen, des plantes en pots ou en jardinières… Mais le clou du spectacle est un arbre semi-naturel traversant une table de bureau sous un puits de lumière. Le tronc est bien réel, imprégné de produits évitant son pourrissement, alors que les branches et le feuillage sont artificiels, et traités pour résister aux UV.

La seconde destination de l’après-midi était les locaux du fabricant de peinture Unikalo. Les extérieurs sont aménagés de manière à traduire un dynamisme et nécessiter peu d’entretien. Une vigne s’étend entre des poteaux aux couleurs de la société, des oliviers taillés en nuage sont plantés dans des pots recouverts d’un paillis minéral.

L’intérieur cache un patio réaménagé depuis peu. Des palmiers assurent un volume alors que des plantes couvre-sol dispensent une ambiance zen. Les poteries du pays basque ont été un choix de la direction. Le lieu est devenu un espace de détente et d’échanges très apprécié depuis son nouvel aménagement.

Le groupe reprend la route et s’arrête près de l’hôtel Ibis budget Bordeaux aéroport. Le spectateur est accueilli de loin par une façade végétalisée de 200 m² riche en couleurs. Toutefois, en se rapprochant, on constate qu’elle est entièrement composée de plantes artificielles, dernière étape d’une histoire tragique. Initialement, le mur végétalisé par bardage rapporté était composé de plantes grimpantes cultivées sur laine de roche ; mais le taux de mortalité de ce système était si élevé qu’il fallait en changer. Lorsque qu’une entreprise du paysage a été contactée pour trouver une solution, il a été clair que pérenniser des plantes naturelles nécessitait de changer l’ensemble de la structure, ce qui n’était plus possible après les investissements déjà consentis. Les plantes artificielles ont alors été considérées.

Les visites se sont terminées à l’hôtel Mercure Bordeaux aéroport. Dans le hall trône un mur végétalisé en aquaponie. Un système de surveillance évalue les caractéristiques de l’eau pour un ajustement manuel hebdomadaire de la solution. L’éclairage est effectué par des LED diffusant un spectre lumineux adapté. Le restaurant abrite également quelques arbres semi-naturels.

C’est après un dernier verre que le groupe se sépare, les uns reprenant le chemin de leur foyer alors que d’autres s’attardent dans la ville pour un week-end découverte de Bordeaux. Quant à la suite, il faudra attendre le prochain épisode !