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Canicule : lutter contre la chaleur par une végétalisation des villes

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Paris, le 28 juillet 2020

Un important pic de chaleur a été annoncé pour cette dernière semaine de juillet en France, n’étant pas le premier de cette année 2020. Les fortes chaleurs prévues sur la France vont être beaucoup plus difficiles à vivre en centre-ville, où les températures sont généralement 4 à 12°C plus élevées qu’en périphérie. Pour lutter contre le phénomène de concentration de chaleur (dit « îlots de chaleur ») et favoriser l’abaissement des températures tant diurnes que nocturnes, l’Observatoire des villes vertes rappelle que des moyens simples, pérennes et efficaces peuvent et doivent être mis en place par les villes.

Le végétal reste une solution efficace et durable face aux îlots de chaleur urbains

En cette période de fortes chaleurs,les arbres sont essentiels aux villes car ils apportent de l’ombre et de la fraîcheur aux habitants, tout en absorbant une grande quantité d’énergie solaire. Ils assurent en effet une régulation naturelle des températures. 

Face à l’urbanisation grandissante, un microclimat surplombe les grandes agglomérations. Ce phénomène, appelé îlot de chaleur urbain, se traduit par des hausses de température en ville, particulièrement la nuit.

Dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains, la végétalisation joue un rôle clé. En choisissant de planter régulièrement, de végétaliser et de « renaturer » des espaces publics, des murs ou des toitures, les villes peuvent contribuer à atténuer l’effet de piégeage du rayonnement solaire dans les matériaux urbains et des rejets anthropiques de chaleur causés par l’activité humaine (trafic routier, utilisation de solvants, climatisation…).

En outre, la minéralisation artificielle des villes – dont la lutte figure parmi les 150 propositions de la Convention Citoyenne pour le climat – retient la chaleur en journée pour la restituer la nuit. Cela se traduit par des pics de chaleur en comparaison aux campagnes environnantes : l’effet des îlots de chaleur urbains accroît les températures de 2,5°C en moyenne. Les étendues d’eau participent également à la régulation thermique des villes. A titre d’exemple, la Seine rafraîchit jusqu’à 30 mètres au-delà de ses rives ; mais son impact est souvent annihilé par la bétonisation des berges. 

En atténuant l’effet de ces îlots de chaleur urbains, les espaces verts permettent de limiter les besoins en climatisation pour les bâtiments collectifs proches (mairies, écoles, bibliothèques…). Une enquête menée par l’Ifop et l’Unep en 2019 apporte une analyse nouvelle sur le rapport que les Français entretiennent avec leur jardin et en découle que les Français souhaitent voir se développer le vert dans la ville en manque de végétalisation. En effet, seul 1,3% du budget des villes est dédié aux espaces verts (Palmarès des villes vertes 2020) alors que 8 Français sur 10 trouvent qu’il n’y a pas assez de végétal en centre-ville. A noter qu’ils sont tout autant (78%) à vouloir que la espaces verts publics soient une priorité municipale en 2020 (Enquête Observatoire des villes vertes avec YouGov – juin 2020).

Une végétalisation déjà engagée dans plusieurs grandes villes françaises

Plusieurs villes ont compris cet enjeu et investissent dans la végétalisation de l’espace public afin de proposer des lieux « frais » à leurs administrés : la ville de Grenoble a pensé le projet “Libre Cour”, qui vise à faire de la cour de récré un îlot de fraîcheur avec plus de 2000 m² végétalisés avec des pelouses, des arbres, des potagers et des arbustes. Metz de son côté mène plusieurs études sur les services écosystémiques rendus par les arbres, dont le second volet sur l’eau et les sols est en cours en 2020.

Télécharger le communiqué de presse de l’Observatoire des villes vertes

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CP la végétalisation des villes, une arme contre la canicule en ville – 28 juillet 2020 204.03 Kb
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