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Le jardin écologique

Le besoin de prendre en considération la nature et les bienfaits qu’elle nous apporte influence directement la création de jardin et les pratiques d’entretien. Bannissant l’emploi des anciens produits de traitement ou de fertilisation fabriqués avec des substances chimiques, le jardin écologique est en accord avec l’envie de tout un chacun de vivre dans un environnement plus sain.

Jardin écologique

Qu’est-ce qu’un jardin écologique ?

L’écologie est la science qui étudie les relations entre les êtres vivants et le lieu dans lequel ils vivent. Elle se base sur l’équilibre naturel qui régit ces relations en formant différents écosystèmes. Un jardin écologique s’appuie à son tour sur l’observation de ces conditions naturelles, en respectant l’environnement, le sol, les plantes et l’ensemble des êtres vivants présents. Il favorise donc un équilibre biologique entre toutes ces composantes, et l’intervention du jardinier doit s’effectuer dans cette optique.

Quels sont les principes du jardin écologique ?

Suivre les cycles de la nature et respecter la vie sont les principes fondamentaux. C’est en les appliquant que le jardinier arrive à profiter pleinement des ressources de la nature et de son jardin.
Le troisième principe consiste à favoriser le développement harmonieux des plantes en les installant au bon endroit en fonction de leurs besoins respectifs. En effet, plus ces besoins sont pris en compte (sol, eau, exposition, espace, climat), plus le jardin offre un environnement sain.

Certaines méthodes facilitent la création d’un jardin écologique.

  • Le recyclage de toute la matière organique produite sur place, car selon une maxime populaire bien connue « Dans un jardin rien ne se perd, tout se transforme ». L’ensemble des déchets verts sont ainsi recyclés pour se décomposer et revenir à la terre.  Le recyclage se fait par l’intermédiaire du compost, ou directement dans les massifs (par exemple en utilisant les feuilles mortes et le broyat de coupes de haies en paillage), ou encore en laissant le produit des fauches ou de la tonte sur le sol (engrais verts coupés puis incorporés en surface au potager, mulching sur les pelouses…).
  • La limitation des intrants grâce à l’utilisation de la biomasse présente au jardin. Cette biomasse régénère les sols, sans apport extérieur de terre ou d’engrais. Mais l’apport de broyat (par exemple de BRF – Bois Raméal Fragmenté) qui n’est pas produit sur place permet de maintenir, en particulier au potager, un renouvellement de matière organique quand le jardin n’est pas suffisamment grand pour produire lui-même cette matière.
  • L’infiltration de l’eau dans le sol, en évitant au maximum les surfaces imperméables. Les allées, terrasses et aires de garage doivent être réalisés en matériaux drainants, qui laissent l’eau s’infiltrer afin que celle-ci ne se perde pas dans les réseaux d’assainissement communaux mais serve à régénérer les nappes phréatiques et les ressources en eau du sol.
  • L’économie et la préservation des ressources, par exemple en récupérant l’eau de pluie pour arroser afin de ne pas puiser dans les nappes phréatiques. Un arrosage sans gaspillage (le soir ou le matin tôt) est ensuite la clé d’une bonne gestion de l’eau.
  • La préservation d’un sol vivant en évitant de l’asphyxier, de le perturber ou le vider des organismes qui y vivent par épandage de produits toxiques.
  • L’association de tous les éléments permettant l’installation naturelle d’un écosystème, ou de plusieurs, en particulier avec de l’eau (mare, bassin…) et différentes strates végétales (arbres, arbustes, herbacées…). Il faut se rappeler que la diversité végétale entraîne la diversité de l’entomofaune, à savoir les insectes présents dans votre jardin, et limite le développement de maladies et les attaques de parasites.

Jardin écologique

Comment convertir son jardin en jardin écologique ?

Le changement de pratiques demande de la patience, et une vraie volonté car certaines croyances jardinières sont ancrées dans les esprits depuis plusieurs générations. Ces croyances concernent par exemple le travail du sol, la présence d’insectes, la taille, les adventices, les engrais et le rendement des légumes … La plupart de ces anciennes pratiques font appel à des substances chimiques et intrants qui artificialisent les cultures et finissent par désorganiser les cycles naturels.

Voici les pratiques prioritaires qui aident à obtenir un jardin écologique.

  • Planter des espèces adaptées au sol et au climat local, pour qu’elles poussent sans demander d’engrais, ni se soins particuliers. Elles seront plus résistantes également aux maladies, aux parasites et aux aléas climatiques.
  • Arrêter tous les traitements phytopharmaceutiques visant à détruire les insectes et ravageurs, les mousses, les adventices, la petite faune considérée comme nuisible. L’emploi des traitements insecticides autorisés en biocontrôle ne peut être qu’un recours très ponctuel, par exemple en cas d’infestation, et doit s’arrêter le plus rapidement possible pour permettre à un équilibre naturel de se mettre en place.
  • Éviter les engrais chimiques qui, en poussant les plantes à produire plus vite et davantage les fragilisent, ce qui finit par attirer leurs ravageurs.
  • Pailler les massifs, pour privilégier la fertilisation par la décomposition de matières organiques issues du jardin, avec tous les déchets verts récoltés et du compost réalisé sur place.
  • Favoriser la petite faune du jardin, en attirant les insectes auxiliaires avec des abris à insectes disséminés dans le jardin et au potager, en installant des refuges pour les oiseaux, grenouilles, lézards, chauve-souris, hérissons et autres habitués des jardins. Cette petite faune participe à l’équilibre biologique des lieux et devient l’un des principaux moyens de lutte contre les ravageurs. En effet, la faune utile se nourrit de la faune parasite, les insectes auxiliaires éliminent les insectes parasites et chacun a son rôle. Il faut accepter la présence de tous les acteurs du cycle, et attendre avec patience que l’équilibre se crée. Pour passer d’un jardin « traité » à un équilibre écologique, deux à trois années sont nécessaires.

Jardin écologique

  • Planter des haies diversifiées, à fleurs et à fruits, qui attirent la petite faune en lui fournissant un gîte, protègent le jardin des vents et créent un microclimat favorable aux cultures. Ces haies sont aussi une opportunité pour les insectes pollinisateurs tels que les abeilles, bourdons, guêpes solitaires, syrphes.
  • Éviter les sols nus en toute saison, en couvrant le sol à l’aide de paillage avec différents types de paillis selon les endroits et le style du jardin, et en installant une végétalisation plus conséquente, par exemple avec des plantes couvre-sols, des plantes vivaces sous les arbustes, des cultures intermédiaires et associées au potager. Cette couverture du sol limite l’érosion due aux vents et le lessivage rapide des éléments nutritifs dû à la pluie. Elle empêche également la formation d’une croûte de battance due au martelage de la pluie en surface et qui rend le sol imperméable, et enfin l’évaporation trop rapide de l’humidité. Un sol nu s’arrose plus souvent, un sol couvert conserve plus longtemps l’eau disponible pour les plantes.
  • Arrêter le bêchage et le travail du sol par retournement des couches superficielles. Cette pratique ancienne visait à ameublir le sol. Mais en mélangeant les couches superficielles, elle détruit les micro-organismes qui, par leur travail permanent sur la matière organique et les minéraux, assurent la fertilité de ce sol. Il existe en effet des organismes aérobies et anaérobies, qui chacun vivent à une profondeur déterminée et meurent quand on inverse ces profondeurs. L’ameublissement du sol peut se faire avec une fourche écologique, ou simplement grâce à la décomposition d’une couche épaisse de compost et de BRF (ou broyat) épandue sur le sol en automne.
  • Effectuer une gestion différenciée des grands espaces de pelouse, en laissant une partie en prairie. Cette prairie sert de gîte à de nombreux insectes utiles et permet la floraison des « fleurs des champs ». La tonte plus haute limite aussi l’épuisement du sol, car le gazon a besoin de plus d’éléments nutritifs pour repousser sans cesse après des tontes courtes.