N.C.3-R0 : Travaux d'éco-pastoralisme

Nc3 R0

Objet et domaine d’application


L’éco-pastoralisme est un mode d’entretien ou de gestion extensif et écologique des espaces par le pâturage d’herbivores domestiques. Il peut être mis en oeuvre dans des espaces naturels et des espaces verts en milieu urbain et péri-urbain.

Selon le milieu et les usages, on peut également parler d’éco-pâturage, de pastoralisme ou de pastoralisme urbain.
Afin de faciliter la lecture du document, il est choisi de n’employer ici que le terme éco-pastoralisme pour désigner l’ensemble des pratiques.

L’éco-pastoralisme présente de nombreux avantages et peut s’inscrire dans une démarche de recours aux techniques alternatives, de gestion différenciée, de génie écologique, et/ou dans un objectif de préservation du patrimoine naturel, de lutte contre les espèces exotiques à caractère envahissant, de préservation d’une race ou encore de réduction des risques professionnels.

Ces règles professionnelles présentent les différents points de vigilance pour démarrer une activité d’éco-pastoralisme, mettre en oeuvre un chantier d’éco-pastoralisme et veiller au bien-être des animaux.

Termes définis dans le fichier PDF


  • Bouclage
  • Brucellose
  • Chargement
  • Cornadis
  • Drogage
  • Fourchet
  • Gestion différenciée
  • Lutte
  • Onglon
  • Parage
  • Piétin
  • Prophylaxie
  • Rusticité
  • Strongle
  • UGB (Unité Gros Bétail)
  • Zoonose

Présentation de la règle professionnelle « Travaux d’éco-pastoralisme »


Rappels fondamentaux et cadre de l’activité

L’éco-pastoralisme comme réponse aux enjeux émergents

L’entretien intensif pratiqué en milieu urbain et périurbain ces dernières décennies a eu des répercussions négatives importantes sur l’environnement, en appauvrissant les espaces au détriment de la biodiversité animale et végétale. Par exemple, les plantes indésirables, herbacées ou ligneuses, étaient systématiquement éliminées et les surfaces entretenues par des interventions souvent lourdes et coûteuses.

Aujourd’hui, l’évolution de la règlementation et la demande des usagers toujours plus forte en matière de développement durable et d’éducation à l’environnement imposent de réfléchir à de nouvelles méthodes d’entretien des espaces paysagers, alternatives et raisonnées.

Le pastoralisme, technique ancestrale qui avait été abandonnée au profit d’engins mécaniques, constitue une excellente alternative pour gérer des espaces extensifs dans une démarche de durabilité économique, sociale et environnementale.

Il ne s’agit pas de revenir à des pratiques agricoles jugées dépassées mais de développer des solutions d’entretien peu polluantes par la démonstration de « nouveaux savoir-faire ».

Principe du pastoralisme

Hérité de traditions anciennes, le pastoralisme décrit la relation interdépendante entre les éleveurs, leurs troupeaux et les milieux exploités. Il s’agit d’un système extensif, où les troupeaux pâturent sur de grandes étendues et dont l’une des spécificités est leur déplacement en fonction des saisons, appelé transhumance.

Ainsi, le pastoralisme est une pratique qui consiste à entretenir des espaces de façon plus naturelle en y introduisant des animaux, ce qui évite ou limite l’usage de désherbants et engins mécaniques. Elle peut aussi être associée à l’entretien mécanisé, notamment pour les pratiques de fauche.

Pratiquée de manière raisonnée, elle peut présenter plusieurs avantages dont voici les principaux :

  • réduction des nuisances sonores et pollutions diverses liées au fonctionnement des machines ;
  • action sur les herbacées et les ligneux ; les animaux ne broutent pas seulement les herbes mais aussi les jeunes pousses d’arbres, limitant la prolifération de rejets susceptibles de refermer les parcelles et permettant la réouverture de certaines friches ;
  • amélioration des sols et de leur dynamique ; les déjections des animaux enrichissent le sol et la non-utilisation d’engins lourds évite le compactage des sols ;
  • maintien ou développement de la biodiversité. Elle réduit les risques de destruction d’habitat par rapport à des techniques telles que le broyage et permet la recolonisation des espaces par la faune et la flore locales, notamment par le piétinement des bêtes qui favorise la pousse voire l’apparition de nouvelles espèces. Leurs actions non homogènes permettent également le maintien voire le développement de mosaïques de végétation (hauteurs et structures différentes).


A ces avantages s’ajoutent une amélioration du cadre de vie des usagers et une sensibilisation des citadins à la nature et aux savoir-faire des espaces ruraux.


Contexte règlementaire

Références cadres et contexte juridique


Un ensemble de dispositions réglementaires sont destinées à assurer la protection de vos animaux, la protection de la filière d’élevage et la protection de la santé.

Rappel sur l’espace pastoral

Selon l’article L.113-2 du Code Rural et la Pêche maritime :

« L'espace pastoral est constitué par les pâturages d'utilisation extensive et saisonnière. Dans les régions où la création ou le maintien d'activités agricoles à prédominance pastorale est, en raison de la vocation générale du territoire, de nature à contribuer à la protection du milieu naturel, des sols et des paysages ainsi qu'à la sauvegarde de la vie sociale, des dispositions adaptées aux conditions particulières de ces régions sont prises pour assurer ce maintien. »

Le terme de protection sera donc au cœur de la philosophie de l’entreprise pastorale.

Retrouvez la règle professionnelle « Travaux d’éco-pastoralisme » au complet en suivant le lien ci-dessous :


Les autres règles de l'Axe 4 : travaux d'aménagement et d'entretien des zones naturelles

> N.C.1-R0 (Février 2015) - Travaux de génie végétal
> N.C.2-R0 (Avril 2015) - Travaux de plantation forestière