C.C.9-R0 : Conception et réalisation de baignades artificielles avec filtration biologique

Cc9 R0

Objet et domaine d'application


Sont concernées par ces règles professionnelles des baignades artificielles en eaux captives, séparées des eaux de surface et des eaux souterraines, en système fermé, dont le traitement est assuré par une filtration biologique, à l’exclusion de tout traitement biocide physique ou chimique.
Ces types de baignades se prêtent à des réalisations à usage privé et familial tout aussi bien qu’à des ouvrages publics ou privés à usage collectif. Ces derniers doivent être conçus et réalisés en accord avec les prescriptions du Code de la santé publique ; en cas de conflit entre le présent texte et le Code de la santé publique ou les documents du ministère de la santé, ces derniers s’appliquent.
Il est à noter que, au moment de l’élaboration de cette règle professionnelle, le décret et les arrêtés concernant les baignades artificielles n’ont pas encore été publiés.

Ne sont pas concernés :

  • les piscines, pour lesquelles la qualité de l’eau est étroitement encadrée et surveillée, selon les articles D. 1332-1 et suivants du Code de la santé publique ;
  • les bassins de baignade artificielle biologique avec filtration intensive dont l’eau peut être « désinfectée mais non désinfectante », selon les règles professionnelles de l’Unep n° C.C.10-R0 ;
  • les bassins de baignade artificielle en système ouvert, selon la définition de l’Anses (anciennement Afsset) en 2009, dont le renouvellement de l’eau se fait exclusivement par de l’eau neuve non-recyclée ;
  • les « eaux de baignade » dans le sens de l’article L. 1332-2 du Code de la santé publique, c'est-à-dire des baignades dans des eaux « libres », à savoir non-captives (des baignades en lacs, rivières…) aménagées ou non.


Ce guide ne se substitue pas à la conception assurée par un professionnel compétent. Les compétences requises pour assurer cette conception relèvent de l’hydraulique, de l’épuration et de la limnologie.

Termes définis dans le fichier PDF


  • Baignade artificielle.
  • Baignade artificielle en système fermé.
  • Baignade artificielle en système ouvert.
  • Biofilm.
  • Eau maintenue captive.
  • Eau neuve.
  • Eau recyclée.
  • Etat/Niveau trophique.
  • Filtration biologique.
  • Filtration ex situ.
  • Filtration in situ.
  • Filtre biologique granulaire.
  • Géomembrane.
  • TH.
  • TAC.
  • Matière en suspension.
  • Microorganismes aérobies.
  • pH.
  • Phytoplancton.
  • Taux de filtration. Taux de renouvellement.
  • Zone de baignade.
  • Zone de régénération.
  • Zooplancton.

Présentation de la règle professionnelle « Conception et réalisation de baignades artificielles avec filtration biologique »

Principe de fonctionnement biologique

Généralités

La baignade à filtration biologique s’intègre dans le cycle biologique entre végétaux et micro-organismes : les végétaux (et certaines bactéries) synthétisent, à l’aide de l’énergie apporté par le rayonnement lumineux, de la matière organique à partir du dioxyde de carbone (CO2), de l’eau (H2O) et des éléments nutritifs (azote, phosphore, potassium et autres), tout en libérant de l’oxygène la journée. La matière organique végétale est, lorsqu’elle meurt, décomposée par des microorganismes aérobies qui la transforment à nouveau en CO2 et H2O en consommant de l’oxygène, libérant en même temps les éléments nutritifs qu’elle contient. C’est sur ce cycle biologique qu’est basée la vie sur terre. Le règne animal se greffe sur la partie haute de ce cycle, en produisant sa propre matière organique à partir de celle des plantes, car il ne peut pas synthétiser de la matière organique à partir du CO2 et du H2O.
En absence d'oxygène dans l'eau, les bactéries anaérobies se substituent aux bactéries aérobies, ce qui représente un risque car elles produisent des gaz toxiques et malodorants. La présence de bactéries anaérobies dans une baignade est le signe d’un dysfonctionnement grave.

A la différence du cycle biologique global représenté ci-dessus (fig. 1), une baignade artificielle avec filtration biologique, comme tout plan d’eau, n’est pas un système fermé (malgré son appellation), mais un sous-système partiellement ouvert. Les gaz (l’oxygène, le dioxyde de carbone et aussi l’azote gazeux) s’échangent avec les gaz atmosphériques. La matière organique - et les éléments nutritifs qu’elle contient - est apportée de l’extérieur dans le système, par l’air (feuilles, pollen, poussières, etc.) par la pluie, éventuellement par des animaux ainsi que par les baigneurs. Des quantités plus ou moins importantes d’éléments nutritifs dissous entrent dans le système par l’apport des eaux neuves, utilisées non seulement pour le remplissage initial mais aussi pour compenser les pertes d’eau. Au final, sans intervention humaine, tout plan d’eau – et donc aussi toute baignade artificielle en système fermé – évolue progressivement et naturellement vers un système toujours plus riche en éléments nutritifs, matière organique, microorganismes et végétaux. On parle ainsi d’eutrophisation.

Or, afin de maintenir une eau translucide dans la baignade et de contenir une végétation qui peut devenir envahissante, il faut lutter contre cette eutrophisation progressive et maintenir l’eau de la baignade relativement pauvre en éléments nutritifs. En termes scientifiques (limnologiques), on doit viser à maintenir une eau oligotrophe ou tout au moins mésotrophe.
Toute stratégie de gestion d’une baignade avec filtration biologique doit donc viser à :
limiter les apports de matière organique et des éléments nutritifs dans le système ;
exporter de la matière organique et des éléments nutritifs du système.

Retrouvez la règle professionnelle « Conception et réalisation de baignades artificielles avec filtration biologique » au complet en suivant le lien ci-dessous :


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