Rendez-vous les 18 et 19 septembre 2017

Ce séminaire, organisé conjointement par l’Union Nationale des Entreprises du Paysage et la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER), s'inscrit dans le cadre de la convention de coopération qui les lie. Ce projet a pour vocation de renforcer les liens existants entre les professionnels des aménagements paysagers et les acteurs de la formation, dans toutes les régions.

Il s’adresse aux enseignants, aux formateurs, aux responsables de formation et aux professionnels des aménagements paysagers : entrepreneurs du paysage et responsables des services techniques de collectivités, concepteurs, pépiniéristes, qui souhaitent agir ensemble et décliner concrètement les actions prévues dans les conventions de coopération également signées entre les Délégations régionales de l'Union Nationale des Entreprises du Paysage et les DRAAF.


La 4e édition du séminaire écoles-entreprises se tiendra en Touraine les lundi 18 et mardi 19 septembre 2017. Au programme : visite du Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire et du chantier école-entreprise du Jardin des Carpes en réfection.


Retour sur la 3e édition du séminaire écoles-entreprises, le 2 décembre 2015

La 3e édition du séminaire écoles-entreprises s’est déroulée le 2 décembre dernier lors de Paysalia. La ligne directrice était « le partage ». Partage des chiffres clés de chacun pour mieux se comprendre, partage autour des pratiques pédagogiques, partage des savoir-faire de terrain, partage d’un langage commun : les règles professionnelles. Il a rassemblé une trentaine d’intervenants professionnels (enseignants, représentants de collectivité, professionnels du paysage, etc.) et une centaine de participants de toutes les régions de France.

4 grandes tables rondes présentant différentes thématiques ont rythmé ce séminaire.




1. Les stages enseignants/formateurs en entreprise

Un excellent film sur le « Stage enseignants/formateurs en entreprise : pourquoi pas vous ? » a présenté des solutions pour briser les préjugés et rapprocher les enseignants des entreprises.


D’une part, des témoignages de formateurs (Selma Philippe, directrice du CFA Valdoie ; Déborah Vieille, formatrice au CFA Valdoie ; Sylvain Delestre, formateur en aménagements paysagers) pratiquant régulièrement l’immersion en entreprise : ils ont présenté les opportunités pour assurer une vraie adéquation des enseignements aux exigences pratiques du métier. D'autre part, des professionnels (Didier Chambon, dirigeant d’Albizzia), l’accueil des enseignants permet de resserrer les liens entre des acteurs complices de la formation des jeunes.

Quelques freins matériels sont mentionnés comme des difficultés administratives ou organisationnelles pour accueillir des enseignants. Un certain investissement en temps est également nécessaire des deux côtés : « il faut un minimum de motivation, de conviction pour se lancer dans l’expérience. » Mais pour favoriser ces stages, une note de service de 2011 cadre l’accueil des enseignants en entreprise (réglant les questions d’assurance ou de rémunération).

L’Unep encourage vivement la diffusion de cette pratique. Il est fondamental de faire la promotion des expériences positives et de constituer des listes d’entreprises volontaires pour accueillir des enseignants. Certaines Draaf sont déjà impliquées comme en Bretagne. Le réseau des délégations régionales Unep s’impliquent progressivement. Un formulaire type est à la disposition des entreprises qui souhaitent s’impliquer (voir avec les délégués régionaux).


2. Les Situations professionnelles significatives (SPS)

Les intervenants étaient Manuel Jamey, CFA Valdoie, Brice Pourchet, Président de l’Unrep (Union Nationale Rurale d’Éducation et Promotion), Jean Gabriel Poupelin, Inspecteur, Paul Lapeyronie, Inspecteur aménagement paysager, et Fabien Cuny, Entreprise Didier Danet.

Cette table ronde a présenté les nouvelles notions de Situations professionnelles significatives (SPS) et de Situation professionnelle vécues. Les SPS organisées en champs de compétences du métier guident l’organisation des séquences de formation afin de se rapprocher au plus près du travail en entreprise. On trouve les SPS dans le référentiel du diplôme. Il y en a 19 dans le référentiel du BTSA AP, par exemple : chiffrage de projets et établissement de devis, proposition de solution techniques et agronomiques, intervention en réunion de chantier…

Les SPS représentent les situations clés qui, si elles sont maîtrisées par les titulaires des emplois visés par le diplôme, suffisent à rendre compte de l’ensemble des compétences mobilisées dans le travail. Ces situations sont regroupées par champs de compétences selon la nature des ressources qu’elles mobilisent et la finalité visée. « Une grande avancée, que les professionnels doivent comprendre et assimiler ».

Dans le cadre de leur évaluation, les jeunes doivent choisir trois situations significatives vécues parmi une liste de SPS rencontrées en entreprise. Il faut donc que ces SPS soient connues des professionnels qui encadrent les apprenants. Les jeunes doivent s’impliquer et être impliqué par le chef d’entreprise dans les décisions. « Etre en situation de coresponsabilité dans l’entreprise. »



3. Interventions des professionnels en classe et témoignage d’un professionnel suisse

Les intervenants étaient Pascal Rabier, Formateur CFA Loiret, Philippe Curdy, professionnel suisse, Didier Danet, Entreprise Didier Danet, et Lucas Saintot, élève en BTS.

L’investissement des professionnels dans les formations est fondamental en Suisse : il est même inscrit dans la loi. L’apprentissage est plébiscité par les employeurs et par les jeunes. C’est une voie d’excellence, valorisée dans l’esprit du grand public. Un apprenti peut commencer sa carrière au plus bas de l’échelle et terminer au sommet de l’entreprise, ce qui n’est pas concevable en France.

Le dynamisme de l’économie suisse est le premier moteur de l’apprentissage. La qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles est reconnue de tous : les entrepreneurs ont l’obligation de venir dans les établissements scolaires pour se remettre à niveau, apprendre les nouveaux gestes professionnels et recycler leurs connaissances.

Les professionnels assument un rôle de mentor pour les jeunes. Ils doivent être à la hauteur des attentes de l’ensemble de la société.

Comment favoriser les interventions des professionnels en classe ?

Philippe Curdy : « Les professionnels ont une grande peur de ne pas être à la hauteur. Pourtant, l’impact d’une rencontre de classe avec un professionnel est très fort. Les jeunes y sont très sensibles car ils perçoivent dans ces rencontres la continuité entre formation et vie professionnelle. Ces rencontres favorisent même la réussite aux examens, car les enseignements paraissent plus concrets, plus ancrés dans la vie réelle. On parle le même langage. »



4. Les chantiers école

Une excellente vidéo présente un chantier école.


Les intervenants étaient Jean-Marc Sipan, chef d'entreprise, Monique Musson, Maître d'ouvrage, Olivier Striblen, Maître d'œuvre, Florence Sallé Tourne, Legta de la Mouillère, Julie Espinasse, conducteur de travaux, et Jérémy Jullien, étudiant.

C’est plus simple qu’il n’y parait ! « Les résultats de ce genre d’opération sont énormes et les retours pour les apprenants, très gratifiants. »

Le projet présenté est un jardin en hiver, dans un monument historique fermé mal éclairé. Le partage est au centre de ce projet. Paysagiste, concepteurs, maîtres d’œuvre, formateurs, apprenants ont travaillé de concert. « De la co-direction de chantier plutôt que des liens hiérarchiques. »

Les professionnels ont fait confiance aux élèves et le chantier s’est déroulé sans accroche, tout naturellement. Pour les élèves, la satisfaction était énorme d’avoir pu travailler sur « un vrai chantier ». Pour ce chantier, les BTS ont conçu, les Bac pro et les CAP ont réalisé. Chacun y a trouvé son compte.

Y-a-t-il eu des freins pour cette opération ? Aucun frein, à condition de s’organiser suffisamment en amont : « l’anticipation est fondamentale ».

Pour que cela fonctionne, il est nécessaire de mettre en place une convention claire entre les parties prenantes, précisant l’enveloppe financière pour l’établissement et la rémunération de l’entreprise.

Il faut veiller à ne faire naître aucune concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises du secteur.

Quel intérêt pour les jeunes ? « Une véritable reconnaissance de nos capacités ». Ces opérations permettent de mettre en application les connaissances vues en cours. C’est aussi un excellent moyen de souder une équipe et de créer de la convivialité entre les jeunes.



5. Les règles professionnelles

Les règles professionnelles disponibles à ce jour et celles en cours de rédaction ont été présentées dans un cadre général.

Les intervenants étaient Christophe Gonthier, Président de la commission Technique de l’Unep, Régis Triollet, animateur réseau Horti-Paysage, Cédric Houel, enseignant au CFA Valdoie, Michel Jaunay, enseignant au CFPPA Du Fresne, Jean-Pierre Guéneau, Président d'Hortis, Christelle David, représentante des concepteurs paysagistes de la FFP, et Stéphane Fournier, formateur Courcelles Chaussy.

Les règles professionnelles sont la transcription et l’identification du savoir-faire des entreprises du paysage.

Elles sont rédigées par des professionnels du paysage (entreprises, donneurs d’ordre, bureaux d’études, enseignants, fournisseurs, experts).

Elles sont élaborées en tenant compte de l’état des lieux des connaissances au moment de leur rédaction et des documents techniques existants sur certains sujets spécifiques. Elles constituent ainsi une photographie des « bonnes pratiques » du secteur, une photographie qui évoluera en fonction des mutations du secteur.

Plus de 190 professionnels bénévoles sont impliqués dans ce projet depuis 2012. Les règles sont téléchargeables gratuitement en ligne, sur le site internet de l’Unep, ou en commande auprès des éditions du Bionnay au prix de 287 euros la collection complète.


Se parler et s’écouter, pour se comprendre

En conclusion, les préjugés volent en éclat dès que l’on s’écoute. L’Unep sera le moteur de la mobilisation des entrepreneurs dans la formation. Il faut garder notre capacité à nous remettre en question.