Paris, le 29 janvier 2019 - L’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep) dévoile les résultats économiques de la filière pour l’année 2018, à l’occasion de la publication du baromètre Unep-Val’hor-Agrica du 2nd semestre 2018. L’année 2018 a été marquée par de belles performances pour les entreprises du paysage malgré un ralentissement au second semestre : la tendance annuelle à la fin du 1er semestre était à +5,5 % et s’établit finalement à +4%. Ces bons résultats ont notamment été portés par le dynamisme du marché des particuliers (+5,5%). Le marché privé professionnel s’est également renforcé (+2,5%) et le marché public, malgré un essoufflement en fin d’année, a continué à tirer les résultats du secteur vers le haut (+2,5%). Ces performances n’arrivent toutefois pas à atténuer les préoccupations des chefs d’entreprises sur les difficultés de recrutement, le ralentissement confirmé dans le secteur de la construction résidentielle et plus largement le contexte socio-économique qui impacte directement leur confiance en l’avenir.

Une année 2018 positive pour les entreprises du paysage 
Avec un chiffre d’affaires sur l’année en progression de 4%, l’activité des entreprises du paysage conserve la tendance annoncée en début d’année. Ces bons résultats ont notamment été soutenus par les performances des acteurs des travaux publics en fin d’année. Le marché des particuliers en tête et celui du privé ensuite ont été les moteurs de résultats annuels en forte progression.

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Un marché des particuliers très dynamique en 2018

Ce marché, qui est le segment le mieux orienté de l’année (+5,5%), a connu deux progressions consécutives sur les deux derniers trimestres de l’année 2018 (+5% au T3 et +7% au T4 2018). 

L’activité de création dépasse désormais celle de l’entretien, avec une hausse très importante de +9% au dernier trimestre, lissée à +5% sur l’année, contre +3,5% pour l’entretien.

Catherine Muller, présidente de l’Unep, analyse : « Il est de bon augure de constater que le marché des particuliers – qui représente 44 % du chiffre d’affaires de la profession – se révèle particulièrement dynamique. Gageons que l’extension de l’interdiction de l’usage des produits phytopharmaceutiques dans les jardins privés contribuera à favoriser encore davantage le recours aux entreprises du paysage : nos professionnels sont en effet les mieux formés pour accompagner les particuliers vers des techniques d’entretien plus respectueuses de l’environnement. » 

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Les marchés privés se sont repris

Malgré un début d’année en demi-teinte, le marché privé (regroupant les entreprises, acteurs de l’immobilier, syndic, HLM…) a connu une très belle progression sur les deux derniers trimestres.
Avec un prix moyen des prestations et un taux de transformation des devis en hausse, ce segment a vu son chiffre d’affaires progresser de +4,5% sur le 3e trimestre, et même de +6% sur le 4e par rapport à l’année précédente.

« La végétalisation et ses bienfaits semblent s’inviter dans les débats autour de la transformation de l’entreprise. Ce secteur est donc particulièrement prometteur pour notre filière, et de nombreuses expertises sont à développer. Que les entreprises voient dans la végétalisation un gage de qualité et de valeur ajoutée pour leurs collaborateurs participent à nos efforts consistant notamment à faire reconnaître le rôle central que doit tenir le végétal dans notre quotidien, dans nos villes, dans nos maisons et dans nos entreprises. »  explique Catherine Muller, présidente de l’Unep.

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Des marchés publics en demi-teinte

Le chiffre d’affaires des marchés publics s’est dégradé de 1% au T3 et de 1,5% au T4, alors qu’il représentait le segment le plus prometteur en début d’année 2018 – il devançait alors le marché particulier. Lissé sur l’année, sa performance reste toutefois positive (+2,5%) mais les perspectives, elles, s’assombrissent.

« Ces indicateurs sont un mauvais signe dans la perspective des élections municipales de 2020. Les citoyens appellent de leurs vœux à l’intégration et au développement du vert en ville. Or, les collectivités ne semblent pas prendre les dispositions nécessaires pour répondre à ces attentes, avec les conséquences économiques, écologiques et sociales que ce manquement peut engendrer. » déclare Catherine Muller.

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Bilan 2018 et perspectives 2019

Des investissements conséquents

Les investissements consentis par les entreprises se sont accélérés : 61% des entreprises déclarent en avoir réalisé sur le second semestre (+5 points sur le S2 par rapport au S1), pour l’essentiel en matériel de production (48%) et de transport (41%). Toutefois, le taux d’entrepreneurs prévoyant une dégradation de leur marge augmente de 9 points sur le 2nd semestre (12% contre seulement 3% au S1) ce qui laisse présager que les investissements ont été réalisés en prévision des difficultés à venir pour l’année 2019.

Ces difficultés se ressentent déjà sur l’état des carnets de commande pour le S1 2019 qui atteint un niveau assez faible, équivalent à celui du début d’année 2017 (132 jours, contre 141 au S2 2018). Par ailleurs, le secteur des travaux publics, très dynamique en 2018, devrait voir son activité ralentir et impacter les résultats des entreprises du paysage fin 2019.

Des embauches difficiles

Malgré les difficultés annoncées, le secteur est toujours créateur d’emplois : plus de la moitié (53%) des entreprises prévoit de recruter durant le premier semestre 2019 ! 
Pourtant, 1/3 des entrepreneurs ayant cherché à embaucher l’an passé n’y est pas parvenu, faute de profils correspondants à leurs attentes (+7 points sur le S2 2018).

Catherine Muller déclare : « Alors que 44% des recrutements en 2018 se sont faits sous forme de CDI et 31% sous forme de contrats d’apprentissage ou d’alternance, nos entreprises peinent toujours à recruter l’ensemble des profils attendus. Nos entreprises ont tout le potentiel pour accompagner de nombreux jeunes sur le chemin de l’emploi. Parce qu’ils sont vecteurs de sens et d’un savoir-faire unique, nos métiers doivent continuer à être valorisés auprès des jeunes générations. »

Un contexte social préoccupant pour les entrepreneurs du paysage

Si les entrepreneurs placent en inquiétude première les difficultés à recruter, le mouvement des gilets jaunes fait son apparition dans le classement de leurs 10 préoccupations majeures (12%), avant même l’état de leur carnet de commande (11%) et le maintien des marges (+4 points, à 10%). Signe d’un contexte socio-économique bouleversé, quatre autres préoccupations font leur apparition dans ce classement au cours du 2nd semestre 2018 : le pouvoir d’achat des clients, la fiscalité, la formation et la transmission de l’entreprise.

LES CHIFFRES 2018 À RETENIR 
Chiffre d’affaires 2018 : +4% 
Marché des particuliers : +5,5%
Marché privé : +2,5%
Marché public : +2,5%

Taux d’embauche : 12,5%
Entreprises n’arrivant pas à embaucher : 33% (+21 points en 3 ans)

Nature des contrats
CDI : 44%
Apprent./Alt : 31%
CDD : 25%