L’Union Nationale des Entreprises du Paysage confirme son retrait de l’association française des toitures végétalisées, l’Adivet, dont elle était adhérente depuis dix ans. Par cette décision les professionnels du paysage tiennent à mettre en lumière le défaut de représentativité existant au sein de l’association, et qui désormais ne garantit plus un traitement et une vision objective des enjeux de la végétalisation des toitures et des façades. La représentativité de la diversité des acteurs, dont l’Adivet est normalement garante, n’étant plus respectée, la légitimité de l’association à imposer des règles professionnelles justes, équitables et applicables à tous est désormais trop altérée pour que l’Unep continue à s’y investir et à la soutenir.

Cette décision marque la fin de la représentation des acteurs du paysage au sein de l’Adivet, qui regroupe désormais une très large majorité de fournisseurs de systèmes précultivés et d’entreprises d’étanchéité.


Respecter la diversité de la filière pour mieux la défendre
La diversité des besoins des acteurs publics et privés, l’amélioration constante des solutions de végétalisation et le développement de ce marché en pleine croissance nécessitent de faire évoluer les normes, les règles et les modes de collaboration entre les professionnels du bâtiment et les professionnels du végétal.

Confrontée à une sur-représentativité des acteurs proches des métiers du bâtiment – étancheurs et fournisseurs de systèmes précultivés en tête – l’association n’est plus en mesure d’assurer ses missions avec l’impartialité nécessaire pour tenir compte de la diversité de la filière.
 
Cette situation aboutit à une règle professionnelle relative aux toitures végétalisées dont la partie organisation des marchés ne correspond pas à la réalité des pratiques et n’est pas adaptée à la variété du marché, des attentes des clients et des enjeux environnementaux. 
L’organisation des marchés, telle qu’elle est précisée dans la règle professionnelle, favorise les entreprises du secteur du bâtiment qui sont titulaires des marchés. Ces dispositions ne garantissent pas de place aux entreprises du paysage dans les projets, et donc la possibilité de proposer des solutions plus végétalisées.  Or ce sont ces solutions qui apportent une réponse adaptée aux enjeux liés au maintien de la biodiversité et à la protection de l’environnement.
L’Adivet privilégie des solutions plus adaptées à une végétalisation limitée et nécessitant une faible expertise du vivant, qui répondent à la logique du secteur du bâtiment. Les solutions de végétalisation sur-mesure qui supposent une connaissance plus importante des végétaux et des techniques de culture sont délaissées. Pourtant, ce sont ces solutions qui apportent une réponse adaptée aux enjeux liés au maintien de la biodiversité et à l’environnement. 

Un « savoir-vert » et une connaissance du végétal ignorés dans le cadre des appels d’offres

Thierry Muller, ancien représentant de l’Unep au bureau de l’Adivet explique : 
« L’Adivet a rédigé une règle professionnelle relative aux toitures végétalisées sans faire preuve de consensus entre ses adhérents, et ce durant plusieurs années, en dépit de nos demandes, soit de préciser l’ensemble des organisations des marchés possibles conformément aux dispositions réglementaires du code des marchés publics, soit de ne pas traiter ce point. En résulte un texte qui, malgré une qualité technique indéniable, limite le rôle du paysagiste à celui de sous-traitant dans le cadre des appels d’offres. Le rôle pivot du paysagiste sur des projets d’envergure est donc ignoré, tout autant que la qualité des projets déjà menés avec succès en lots séparés entre étancheurs et paysagistes. Ce texte, inégal et inéquitable pour le végétal, n’a d’ailleurs pas bénéficié du soutien de la Fédération Française du Paysage et a mené au non-renouvellement du partenariat avec l’association Plante & Cité ».

L’expertise des professionnels du paysage est pourtant indispensable au développement de projets de toitures végétalisées ambitieux et pérennes. La conception de la palette végétale, son adaptation au milieu, la compréhension du projet et des attentes du client nécessitent un dialogue étroit avec le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage que la sous-traitance limite trop fortement. Sans lot dédié, le végétal est aussi trop souvent la victime des modifications de budget : les projets sont alors menés à l’économie, ne répondant plus au cahier des charges initial.
Enfin, au-delà de leur savoir-faire technique, les paysagistes apportent également leur expertise indispensable au maintien de la biodiversité en milieu urbain.

En l’absence de reconnaissance de la valeur ajoutée des acteurs du paysage par la seule association censée représenter une filière plurielle, l’Unep choisit de se désolidariser de l’Adivet et de mettre ainsi fin à sa représentation au sein de l’association.

Par ce geste, les entreprises du paysage souhaitent alerter la profession sur le risque d’appauvrissement des solutions de végétalisation de toitures proposées aux donneurs d’ordres et sur l’amoindrissement de leurs bénéfices pour l’environnement, la santé et le bien-être des habitants, que l’Unep n’a de cesse de souligner et de valoriser depuis plus de dix ans.