Activité des entreprises du paysage : La dynamique de croissance se confirme

Après une année 2017 enregistrant un regain d’activité record pour les entreprises du paysage, le secteur confirme sa reprise, notamment portée par des marchés publics dynamiques.

Paris, le 24 septembre 2018 - L’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep) dévoile les résultats économiques de la filière pour le 1er semestre 2018, issus du baromètre Unep-Val’hor-Agrica. Avec un chiffre d’affaires en progression de +6,5 % au 1er et de +3 % au 2e trimestre, par rapport aux mêmes périodes de 2017, l’activité des entreprises du paysage continue de croître. La commande publique est à la hausse et la tendance annuelle 2018 tous secteurs confondus s’établit à +5,5 %. Malgré un ralentissement sur les marchés privés hors particuliers, la conjoncture est encourageante et se traduit par le maintien d’un besoin croissant d’effectifs. On enregistre ainsi un taux d’embauche de 11 % en ce début d’année 2018, après déjà 10,5 % au semestre précédent. 

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Un début d’année plus que satisfaisant pour les entreprises du paysage

La dynamique de 2017 se poursuit

Alors que l’année 2017 marquait un retour à la croissance, avec +4,5 % sur 12 mois par rapport à 2016, la relance de l’activité se confirme sur le début de l’année 2018. Après une croissance remarquable de +6,5 % au 1er trimestre, la hausse du chiffre d’affaires des entreprises du paysage ralentit légèrement au 2e trimestre (+3 %). Cette variation s’explique en partie par les conditions climatiques : le printemps très pluvieux a retardé un certain nombre de chantiers.
Malgré ce léger ralentissement, la tendance annuelle (i.e. sur 12 mois glissants) s’établit à +5,5%, soit un gain de 1 point de croissance par rapport à la tendance observée à mi-2017.

La création d’espaces verts tire la croissance de la filière ; l’entretien suit de près

En ce 1er semestre 2018, la création d’espaces verts tout comme l’entretien des jardins continuent de progresser par rapport à l’an passé : +5,5 % pour la création, +5 % pour l’entretien. En détail, l’activité d’entretien affiche un 1er trimestre exceptionnel, avec +8 % par rapport aux trois premiers mois de 2017. Le 2e trimestre 2018 s’avère moins soutenu avec +3,5 %, mais l’activité reste tout de même positive.

Une activité globale dynamisée par la commande publique et la croissance du marché des particuliers
Les marchés publics connaissent une embellie

Le début d’année a été très positif pour les marchés publics : avec une progression de +11 % au 1er trimestre et +3 % au suivant, ils figurent comme le segment le plus dynamique de ce début d’année 2018. La tendance annuelle (sur 12 mois glissants) s’établit à +5,5 %. 

Catherine Muller, présidente de l’Unep, tient cependant à relativiser cette embellie qui s’inscrit dans un contexte électoral : « Il faut rappeler que les prochaines élections municipales se tiendront en 2020 et que le cycle électoral voit traditionnellement les dépenses d’investissement augmenter en fin de mandat. Toutefois, cette augmentation mériterait d’être plus pérenne pour répondre aux attentes des Français de végétaliser leurs villes. »

Marché privé : les particuliers de plus en plus nombreux à recourir aux services paysagers
Après une année 2017 très dynamique pour le marché des particuliers, ce segment enregistre à nouveau une croissance soutenue, avec une hausse de +6 % au 1er trimestre puis de 5 % au 2e. On estime ainsi la tendance annuelle à +6 %. Représentant 45 % du chiffre d’affaires de la branche, ce segment d’activité est donc celui qui tire vers le haut l’activité globale des entreprises du paysage.

Un net ralentissement pour les marchés privés hors particuliers
Le marché des entreprises, immobilier, HLM et syndics est moins bien orienté. Alors que ce marché avait enregistré une hausse importante de chiffre d’affaires à l’automne 2017, la tendance s’est inversée début 2018 avec une faible décroissance (-1 %) au 2e trimestre.

Les paysagistes inquiets des nécessités de recrutements et prudents dans leur anticipation des marges
Pour faire face à la croissance exponentielle du niveau des commandes, la filière recrute

Le dynamisme de la filière se traduit par un taux d’embauche de 11 % au 1er trimestre 2018. D’après le baromètre Unep-Val’hor-Agrica réalisé en juillet 2018 auprès de 350 chefs d’entreprise du paysage, 27 % d’entre eux se disent cependant préoccupés par le recrutement de personnel qualifié dans le secteur. 
Il s’agit désormais de la première source d’inquiétude des paysagistes, alors que depuis 6 ans, les carnets de commande arrivaient habituellement en tête de ce classement. Les chefs d’entreprise du paysage sont ainsi 26 % à avoir cherché à embaucher ce semestre sans y parvenir – ce qui représente une hausse importante de 7 points par rapport au dernier semestre 2017. Ils sont 52 % à envisager de recruter de nouveaux collaborateurs au 2nd semestre 2018.

« La reprise économique globale entraîne une concurrence accrue sur les recrutements. Notre secteur est en tension et a besoin de main d’œuvre qualifiée pour répondre aux besoins croissants des clients. L’Unep est particulièrement concernée par cette problématique et veillera à renforcer ses actions auprès des étudiants et des candidats à la reconversion pour attirer les compétences vers les métiers du paysage, pourvoyeurs d’emplois durables et évolutifs », souligne Catherine Muller, présidente de l’Unep.

Investissements et marges : des prévisions mitigées
Avec un début d’année 2018 placé sous le signe de la croissance, les prévisions des entreprises du paysage sont positives. 73 % d’entre elles anticipent un maintien de leurs marges. En revanche, seules 20 % prévoient une amélioration de ces marges, ce qui correspond à une baisse de 9 points par rapport au 2nd semestre 2017. Un chiffre qui dénote une certaine prudence de la part des chefs d’entreprise, habitués aux fluctuations du marché.

Cette prudence se traduit dans les faits : les intentions d’investissements pour le 2nd semestre tombent à 40 %, soit une baisse de 10 points par rapport aux intentions exprimées 6 mois plus tôt.

(1) NB : L’étude est réalisée en euros courants, l’inflation n’est donc pas prise en compte.